Cinéma - Mulholland Drive de David Lynch

Ce film a une trame scénaristique reposant sur la rencontre d’une femme amnésique et d’une jeune actrice débutante arrivant de sa campagne dans Los Angeles. A travers leur histoire, David Lynch nous guide entre splendeur et déchéances, amour et infidélité, pouvoir et frustration, succès et échec, luxe et indigence, certitude et doute, Sunset Boulevard et Mulholland Drive.

David Lynch revisite le film noir « Boulevard du Crépuscule » de Billy Wilder sur la face sombre et codifiée d’Hollywood ;  lieu mythique où le diable capture avec un filet à papillon les anges qui rêvent de trop. Lynch fait plusieurs références à ce film dont le sujet lui permet d’exprimer pleinement son penchant pour la dichotomie entre le réel et le fantasmé, l’apparent et l’invisible, la vérité et le mensonge, l’usine à fabriquer du bonheur et des êtres asservis.
Sur la forme, désorienté(e) par une narration libérée de toute  chronologie, il nous met dans un état second, submergé(e) d’une sensualité extatique ou troublé(e) par des visions cauchemardesques. Le film est onirique et surréaliste ; de l’émotion pure. L’actrice s’est effondrée alors qu’on entend encore sa voix.

Ce film montre la descente aux enfers des archétypes du cinéma américain « has been », comme la blonde héroïne de type Hitchcockien, la brune glamour Rita (Hayworth) ou un cowboy.


Mais Mulholland Drive est surtout une histoire d’amour dramatique entre deux belles femmes  paumées dans Hollywood.
Quand le cinéma devient un art majeur, on en redemande.